Ethologie

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Au sens " stricto sensu " l'éthologie est une science.

Nous ne sommes pas des scientifiques, donc pas éthologues dans le sens étymologique du terme, mais notre intérêt pour celle-ci et pour nos amis à quatre jambes nous amène à utiliser certaines études.

L'éthologie s'intéresse à l'ensemble des facteurs (éléments) qui vont faire que tel animal va exprimer ou produire tel ou tel comportement.

Tout comportement du cheval a valeur de message.

Dans son comportement naturel, le cheval émet beaucoup de signaux qui sont importants à capter, à observer.

Des signaux tels que l'orientation des oreilles, le regard, les expressions faciales, la posture des membres, la présentation de la croupe, l'emplacement de l'encolure, les vocalisations ... sont des messages qui font le langage corporel du cheval.
Ainsi par exemple, les oreilles et les yeux peuvent témoigner de l'humeur du cheval.

Par ces signaux indicatifs, le cheval communique et entre en relation, il établit un lien avec ses congénères, avec l'homme ; il exprime aussi la nature de ses relations.
Par exemple, les gestes de toilettage mutuel en grignotant la crinière sont caractéristiques de relations d'amitié alors que lever un membre postérieur est caractéristique d'un avertissement, d'une impatience, d'une menace.
Le relèvement brusque de l'encolure, l'orientation latérale des oreilles raidies, le mouvement immédiat en avant sont caractéristiques d'inquiétude, de peur.

Pour l'homme également, gestes, postures, intonations de voix... sont des messages qui ont signification pour le cheval et qui le mettent en relation de confiance ou de peur avec celui-ci. C'est le contexte de ces messages qui donnent signification au cheval.
Plus précisément et dans le même sens, Ray Hunt exprime: "He knows that you know and you know he knows" (il sait que tu sais et tu sais qu'il sait)

Par conséquent, toute situation, même intentionnelle, soit entre chevaux, soit entre le cheval et l'homme est une situation de communication qui engendre des comportements.

L'homme a trop tendance à négliger les langages qui n'utilisent pas la parole et "le moindre mouvement d'un cheval a sa raison d'être. Tout a une signification et doit être pris en considération"

Nous ne sommes pas non plus des "chuchoteurs". Notre équitation est comportementale.

Ess Missooun et Do

Et tout de suite, ça se complique sérieusement !

Les comportements sont réunis en grandes familles:

Sociaux
Territoriaux
Reproduction
Communication
Alimentation
Déplacement



Ensuite, on s'intéresse aux motivations qui vont conduire, en l'occurrence le cheval à avoir un certain comportement.

On parle alors de stimuli, qui peuvent être:

  • Endogène (qui vient de l'intérieur)
  • Exogène (qui vient de l'extérieur : par exemple de l'environnement).

L'éthologie s'intéresse aussi à la manière dont les comportements se construisent.

Ils peuvent donc être:

  • Acquis (par apprentissage)
  • Innés (on est livré avec, à la naissance)

Un comportement peut aussi se construire selon deux modes différents, selon deux processus évolutifs diamétralement opposés:

  • La phylogenèse, évolution, à travers les générations, d'une espèce
  • L'ontogenèse, évolution, au cours de la vie, d'un individu

Toutefois l'éthologie en tant que telle ne saurait se suffire à la pratique de l'équitation, car il faut y ajouter " l'homme " en tant que cavalier/propriétaire/soigneur etc.
Il convient aussi d'y ajouter un certain nombre de variable dont notamment l'environnement ….

Voilà pourquoi rien n'est simple en équitation, mais aussi pourquoi cela est tellement formidable. Une école de vie, d'humilité….même après quarante ans de passion, les chevaux nous en apprennent toujours.

Marthe Kiley Worthington a passé sa vie à étudier le comportement social de divers ongulés.

Lors d'une journée en Belgique elle a bien voulu partager un peu de ses conceptions sur les méthodes d'apprentissage, elles valent la peine d'être méditées.

Les dix commandements de l'éducateur équestre

1 - assurez vous que votre élève équin vit dans un environnement optimal, qu'il ne souffre ni physiquement ni mentalement et qu'il est donc en condition d'apprendre

2 - assurez vous que l'élève et le "maître" sont tous deux attentifs, sachez choisir l'endroit, le moment,... Tous deux doivent être motivés. Pour le cheval, cela signifie qu'il ne doit pas avoir peur et qu'il doit éprouver un plaisir certain moyennant un renforcement positif. Autant que faire se peut éliminez le renforcement négatif (augmentation de la peine et de la douleur)

3 - utilisez des signaux clairs : tels que des messages visuels (gestes postures,..) ainsi que sonore (voix, bruits,...). La voix permet un message non ambigu et immédiat à longue distance. Gardez à l'esprit que les deux partenaires et l'environnement émettent des messages olfactifs, tactiles et gustatifs et y sont réceptifs.

4 - n'oubliez pas la force des habitudes, prenez directement les bonnes surtout avec les équidés.

5 - les équidés apprennent très vite quand l'enseignement est adapté. Mettez au point un programme varié d'apprentissage sans répéter à l'infini la même action.

6 - surtout Restez cohérents. Utilisez aujourd'hui l'enseignement d'hier pour les résultats de demain. Demandez des actions précises et récompensez lorsqu'elles sont bien exécutées.

7 - utilisez comme première démarche l'anthropomorphisme conditionné afin de comprendre au premier abord la cause d'un comportement donné
(comment moi me serais-je comporté dans une situation analogue)

8 - assurez vous de laisser vos préventions et vos préjugés au vestiaire. Si le cheval ne progresse pas c'est VOTRE faute, réévaluez vos démarches et améliorez votre stratégie.

9 - ne négligez pas la puissance et la force des expériences vécues passées et présentes en tenant compte de celles-ci dans votre méthode.

10 - restez créateur et innovatif, le cheval est un être social, profitez en.

Et si vous trouvez que cette méthode d'enseignement aux chevaux est ennuyeuse, changez de métier.
Allez conduire des trains ou des bus...

propos de Marthe Kiley Worthington receuillis par Francis Tillemans

Nous ne sommes ni éthologues ni chuchoteurs mais pratiquons une équitation comportementale.

Un texte fait écho à notre philosophie, nous ne résistons pas à le publier ci-dessous.
S'il est un peu long il est réellement intéressant, nous vous invitons à le lire entièrement.

Il est rédigé par Jean-Claude Barrey, éthologue, Directeur de la Station de Recherche, chargé de cours en éthologie pour la formation continue T.A.C. à Paris VI, intervenant pendant cinq années consécutives en éthologie équine à l'ENE pour la formation des élèves instructeurs, intervenant dans plusieurs circonscriptions des Haras Nationaux et dans des établissement d'enseignement aux métiers du cheval, ancien cavalier de dressage de 2ème catégorie, juge de dressage membre du CFJD. & Nadège Miklas, Doctorat en Biologie du comportement à Paris XIII. Unité de Recherche en éthologie.

Ce texte est publié sur l'excellent blog de Donald U. NEWE d'Equine Behaviour

Les Chuchoteurs et l'Ethologie... soyons clairs :

" Les éthologues de notre station de recherche, saturés par le battage médiatique autour d'une pseudo-éthologie et inquiétés par l'adhésion de la Fédération Française d'Équitation et de nombreux cavaliers à cet endoctrinement, se mobilisent pour remettre les choses au point. Notre vocation première est de faire de la recherche et de la diffuser et non de rentrer dans des polémiques couvrant des intérêts commerciaux certains, mais alors que la Fédération Française d'Équitation officialise ces pratiques, trop c'est trop, et nous ne pouvons plus laisser dire et faire n'importe quoi sans réagir.

Tout d'abord, le discours et les pratiques des chuchoteurs, nouveaux maîtres et autres bonimenteurs ne sont en aucun cas de l'éthologie !
L'éthologie est la biologie comparée du comportement animal. C'est une science qui demande des connaissances approfondies en biologie animale, en génétique, en neurophysiologie. De plus on ne peut pas faire de l'éthologie sur une seule espèce : on ne comprendra rien au comportement d'un cheval ou de tout autre animal si on n'a pas déjà une connaissance en éthologie fondamentale et sur l'évolution des comportements liée à l'évolution du vivant. On ne peut comprendre les oiseaux que si on sait comment fonctionnent les poissons et les reptiles; pour comprendre les mammifères, il faut savoir comment fonctionnent les reptiles et les oiseaux…
Je doute fort que la génération spontanée de nouveaux maîtres en éthologie équine ait ce genre de connaissances ! De plus, l'expression «équitation éthologique» ne veut rien dire : l'éthologie est une science d'observation, pas d'intervention sur l'animal.

Si encore leur pseudo-éthologie était sérieuse … mais ils propagent les erreurs les plus extravagantes avec un aplomb extraordinaire ! En voici quelques exemples (hélas) non exhaustifs :

Ils insistent sur le modèle prédateur / proie du rapport homme/cheval.
Heureusement, la vie d'un cheval, même dans la nature, ne consiste pas à être une proie permanente et les « programmes anti-prédateurs » de fuite ou de défense n'ont pas l'occasion de fonctionner très souvent. Pour ce qui est du prédateur, nous voyons ces manipulateurs à peu près en permanence dans des attitudes de primate chasseur, poursuivant le cheval en agitant un bâton, piétiner, et autres grimaces que nous connaissons bien en primatologie dans les confrontations entre mâles. Le bâton lui-même est en fibre de verre laqué orange, qui a été mis à la mode par Parelli sous le nom de « carrot stick », le bâton carotte, parce qu'il s'en sert parfois pour caresser le cheval. En bref, ils ont réinventé la cravache de dressage… Notons enfin que « prédateur » n'est pas non plus un statut, mais une activité vitale, la prédation, obligatoire pour les carnivores, et facultative pour les omnivores comme l'homme (chasseur-cueilleur). Celui-ci peut très bien adopter un comportement «cueilleur » et s'insérer dans la vie sociale du cheval qu'il faut bien entendu connaître, et non interpréter, ce qui n'est pas le cas général.

Ils prêtent au cheval une organisation sociale de type humain, et parlent de « chef », de «dominant qui dirige », de « leader ou de jument qui conduit la harde », et autres fantaisies de livres pour enfants… Ils ignorent que la structure sociale des chevaux est une structure de petit harem en réseau (c'est-à-dire où tout le monde surveille tout le monde) d'une dizaine d'individus, poulains compris, où chacun garde son autonomie et son indépendance, et non une structure pyramidale avec un chef (où tout le monde surveille un individu : le chef). Il n'y a pas de chef chez les chevaux (rappelons qu'un chef est celui qui organise l'activité des autres, un dominant est celui qui est prioritaire dans l'accès aux biens de consommation, et un leader, celui dont l'activité paraît intéressante aux autres qui ont, pour cette raison, tendance à
l'imiter sans qu'il y soit pour rien). Les règles à respecter sont de ne pas s'écarter du groupe (l'étalon étant chargé de ramener les égarés par le herding, qui est une activité de sécurité et non une activité de chef), de respecter l'espace personnel et la priorité d'accès aux biens de consommation de ceux qui sont au-dessus dans la hiérarchie de dominance et de faire respecter les prérogatives correspondant à son propre rang par ceux qui sont en dessous.
Donc, dans le groupe, personne ne dirige personne ; cela n'empêche pas un fonctionnement cohérent du groupe basé sur l'imitation sociale, l'aspiration sociale, la phobie de s'écarter et le respect de la hiérarchie de dominance, qui entraînent une auto-organisation permanente sans avoir besoin de « diriger ».

Ils ignorent qu'il existe différents types d'agressivité et pas seulement celle du prédateur (que eux même utilisent en permanence sous l'appellation « méthode douce ») :
Outre l'agressivité de prédation il y a aussi l'agressivité défensive, l'agressivité de compétition sociale et l'agressivité de dérivation d'angoisse ou d'irritabilité. Elles ont des fonctions fort différentes et n'ont en commun que de mobiliser l'axe H.H.A. (hypothalamus/hypophyse/Adreno-cortical) que l'on appelle souvent « l ‘axe du mal » parce que cette mobilisation trop longue, trop violente ou trop souvent répétée est à l'origine de nombreuses pathologies.

Ils ignorent que la « soumission » obtenue par les méthode du type « join-up » est en fait une aliénation pathologique connue sous le nom de syndrome de Klüver-Bucy : Cette pathologie est provoquée par les mises en fuite et les blocages répétés du join-up et des pratiques assimilées. Ces inhibitions de l'action cohérente du cheval entraînent une très forte activation de l'axe H.H.A. qui aboutit à « shooter » l'animal par ses propres endorphines et entraînent des lésions des noyaux amygdaliens latéraux du cerveau limbique (le cerveau des émotions) par la libération de radicaux libres provenant de mécanismes oxydatifs exagérés.
Les animaux ainsi traités « manifestent une soumission extraordinaire. Ceux qui étaient sauvages et avaient peur de l'homme se sont apprivoisés et n'ont montré ni peur ni agressivité».

Ils ignorent que le niveau de développement du cerveau du cheval, pratiquement dépourvu de cellules au niveau du néo-cortex associatif, ne lui permet pas de « comprendre » au sens humain du mot.

  • Le cheval n'atteint pas le niveau de la « décentration » qui permet à l'homme de se voir et de se mettre à la place de l'autre. Il reste à un niveau égocentrique et sensori_moteur : il perçoit des sensations et il y répond en fonction des programmes propres à l'espèce, de son tempérament, de son vécu et de ses émotions. « Comprendre » n'existe pas dans le cerveau d'un cheval : il ressent et réagit puis apprend en fonction du résultat de son action qui active soit le circuit de la récompense (M.F.B.), soit le circuit de la punition (P.V.S.). Les centres de décision de l'action restent, chez le cheval, à l'étage émotif du cerveau puisqu'il ne possède pas l'étage logique dont l'homme dispose.

Ils ignorent que tout débourrage rapide fait nécessairement appel à l'inhibition conditionnée, qui mobilise le système PVS et l'axe HHA dont nous avons parlé pour la «soumission ».

  • Le cheval « shooté » aux endorphines se laisse évidemment monter… et la méthode paraît douce car il n'y a pas de violence apparente. Toutes les pratiques qui visent à immobiliser rapidement le cheval rentrent dans cette catégorie et certaines basculent franchement du coté de la maltraitance.
  • Les méthodes réellement douces font appel à « l'habituation » qui est un mécanisme physiologique de désensibilisation sensorielle progressive et non de blocage moteur. Elle a l'inconvénient d'être lente (au minimum quinze jours à trois semaines) car elle repose sur un grand nombre de répétitions des stimuli avec une intensité faible au départ puis progressivement croissante.

Ils ignorent qu'un cheval adulte ne joue plus et que les « jeux » pratiqués ne le sont que pour l'homme…

  • La fonction du jeu, uniquement chez les jeunes, est de roder les programmes d'actions qui seront utiles plus tard chez l'adulte. Chez celui-ci, les programmes « ouverts » du jeu se referment et les comportements qui ressemblent tellement à du jeu ne sont plus que des fonctions d'évacuation des tensions.

Ils ignorent que les agressions et les blocages répétés qu'ils font subir en permanence à leur cheval provoquent obligatoirement à plus où moins long terme des séquelles variées.

  • Nous avons filmé une jument prise de coliques pendant les manipulations effectuées comme « démonstration » par un intervenant connu et apprécié du public. Voici quelques séquelles possibles liées au stress de l'inhibition de l'action, relevées dans diverses publications scientifiques :
  • Diminution du flux sanguin dans des zones du cerveau participant à la motivation et à la décision.
  • La corticostérone produite entraîne des morts cellulaires dans l'hippocampe, partie du cerveau impliquée dans la mémoire et l'apprentissage.
  • L'accoutumance aux endorphines produites entrave la prolifération des cellules granulaires du même hippocampe.
  • Troubles de l'attention, de l'anticipation et de la prise de décision.
  • Troubles du sommeil.
  • Syndrome de résignation, syndrome de Klüver-Bucy.
  • Ulcération gastrique, fréquente chez les trotteurs.
  • Micro-hémorragies intestinales se traduisant par des coliques.
  • Tics variés (tic aérophagique, tic à l'ours, hyperkinésie).
  • Baisse importante des défenses immunitaires (hyper sensibilité aux maladies banales, au parasitisme, etc…)
  • Etc…

Ils ignorent que la vision n'est pas le sens de référence du cheval, mais que c'est toujours à l'olfaction que le cheval se réfère en dernier ressort.

  • La position latérale des yeux lui donne une vision panoramique étendue, mais pas de vision binoculaire donnant la vision du relief. Il ne possède pas de fovéa sur laquelle l'œil humain centre les images à l'aide des muscles oculo-moteurs. Ses cellules ganglionnaires sensibles sont concentrées sur une étroite ligne naso-temporale, et le sens du relief est provoqué par le déplacement de l'image le long de cette ligne, l'œil restant relativement fixe. Pour percevoir le relief, il faut donc que l'objet soit en mouvement par rapport au cheval ou que lui-même se déplace par rapport à l'objet. Cela est particulièrement important pour la perception du relief d'un obstacle et l'on voit bien que, dans un saut de pied ferme, soit il saute avec une très grande marge de sécurité, soit il passe carrément à travers. D'autres caractères, comme la forme non sphérique de la cornée et un nombre d'aires visuelles dans le cerveau plus réduit que nous, le spécialise dans la détection très fine du moindre mouvement. Mais, par ailleurs, il essayera toujours de vérifier ce qu'il a vu en allant sentir, l'olfaction restant son sens de référence. L'audition, elle, par la position des oreilles, indique vers quoi le cheval porte son attention, et les deux oreilles tournées vers l'arrière, mais non plaquées, indiquent qu'il porte son attention vers ses sensations corporelles, par exemple lorsque nous utilisons une action des aides.

Ils ignorent que faire faire demi-tour à un cheval sur la piste, tête vers l'extérieur, en lui barrant le passage, constitue une agression caractérisée ( un chien de chasse fait ainsi changer de direction l'animal qu'il poursuit ) provoquant fuite et stress.

  • De récents enregistrements au cardio-fréquencemètre effectués dans notre station sur le changement de main par aspiration vers l'intérieur et par barrage et demi-tour par l'extérieur, ont montré que la première méthode, pour un cheval donné, maintenait le rythme cardiaque aux environs de 130 pulsations et entraînait même une baisse de plusieurs points pendant le mouvement. Au contraire, la seconde méthode entraîne un pic brutal de fréquence qui monte aux environs de 200 pulsations. Il en est de même pour les pratiques du genre join-up qui entraîne, non plus un pic, mais un large palier durable à cette fréquence très élevée.

Conclusion :
Nous arrêterons là cette énumération, car on pourrait écrire un livre entier avec ce qu'ils ignorent et enseignent néanmoins avec aplomb, sans aucune qualification ou avec des diplômes auto-créés au dépend de ceux qui ont passé du temps à obtenir un B.E. L'analyse éthologique des écrits, des discours et des pratiques sur le terrain de chacun d'eux qui a été entreprise par notre station de recherche fait ressortir que :

  • Tous sont des manipulateurs efficaces de chevaux ( et pas seulement de chevaux ! ), se préoccupant peu du bien fondé de leur discours ou de leur pratique du moment qu'ils obtiennent des résultats rapides et, de préférence spectaculaires, ce que Georges Charpak appelle « l'effet Barnum ».
  • Ils utilisent des méthodes qui n'ont rien de nouveau puisqu'elles sont utilisées depuis des décennies dans le dressage des chevaux de cirque que nous avons étudié dès les années soixante. Elles sont basées sur des conditionnements de type S et sur des inhibitions conditionnées qui ont pour résultat de « robotiser » le cheval, ce qui est utile pour le spectacle mais mène à une impasse en ce qui concerne l'équitation classique.
  • Leurs écrits et leurs discours, particulièrement adroits, sont très plaisants et correspondent très bien au discours que les cavaliers, déçus de la pédagogie actuelle, sont heureux d'entendre. Les mots respect , confiance, accord du cheval, etc. reviennent sans cesse alors qu'il faudrait parler d'aliénation.
  • Car, malheureusement, leur pratique ne correspond jamais au discours qui l'accompagne. Cette pratique est d'autant plus dangereuse que la violence qu'elle utilise n'est pas une violence visible de l'extérieur. Elle s'apparente plutôt à ce qu'on connaît chez l'homme sous le nom de « lavage de cerveau ». Nous avons vu et enregistré un cheval faire une colique et un autre s'arrêter en sueur, la verge pendante, ce qui signe un taux élevé d'endorphine dans le sang....."