Endurance

Le saut d'obstacles et le dressage sont des sports qui font la célébrité de l'équitation.
Les prouesses de l'homme et de l'animal sont mises en avant de manière spectaculaire, et suscitent l'admiration des tous y compris de vos humbles serviteurs.

Djahan


L'endurance c'est à la fois différent et tout cela en même temps.

L'adrénaline est plus forte en endurance parce que sur une plus longue période qu'une autre discipline

L'endurance équestre c'est une discipline à part entière qui requiert de grandes compétences.

C'est une course de fond à cheval, qui se pratique en pleine nature ; sur des distances de 20 à 160 kilomètres.



Cette discipline est représentée aux Jeux équestres mondiaux.
Ils se déroulent tous les quatre ans et remplacent les championnats du monde lorsqu'ils ont lieu la même année.
L'épreuve se court au chronomètre sur un itinéraire balisé de 160 km.
Sur la photo ci-dessous Djahan au championnat d'Europe à Rome.

Principes généraux de l'endurance en compétition

Bien entendu pour concourir en endurance à partir d'un certain niveau, certaines montures sont mieux adaptées que d'autres. Les chevaux arabes sont réputés pour leur capacité d'endurance, mais il importe avant tout que le cheval ait une taille adéquate, un pas léger, une allure efficace, un mental volontaire...et un cavalier à l'écoute.

Il ne s'agit pas simplement de faire marcher son cheval le plus longtemps possible, mais de faire en sorte qu'il répartisse ses efforts de la manière la plus efficace sur une longue période. Les contrôles vétérinaires empêchent de "pousser" son cheval ou de forcer ses efforts.

Le cavalier doit par conséquent entretenir une excellente communication et être à l'écoute de tous ses besoins.

En parcourant plus d'une centaine de kilomètres dans la journée avec son cheval, une proximité se développe.

Règle n°1 = ne pas demander à un cheval ce dont il est incapable.

Bien entendu pour concourir en endurance à partir d'un certain niveau, certaines montures sont mieux adaptées que d'autres. Les chevaux arabes sont réputés pour leur capacité d'endurance, mais il importe avant tout que le cheval ait une taille adéquate, un pas léger, une allure efficace, un mental volontaire...et un cavalier à l'écoute.

Il ne s'agit pas simplement de faire marcher son cheval le plus longtemps possible, mais de faire en sorte qu'il répartisse ses efforts de la manière la plus efficace sur une longue période. Les contrôles vétérinaires empêchent de "pousser" son cheval ou de forcer ses efforts.

Le cavalier doit par conséquent entretenir une excellente communication et être à l'écoute de tous ses besoins.

En parcourant plus d'une centaine de kilomètres dans la journée avec son cheval, une proximité se développe.

Position du cavalier d'endurance

forêts

L'attitude du cavalier d'endurance c'est la position générale du cavalier.
A partir du niveau national, les épreuves imposent de pouvoir rester jusqu'à 10 h à cheval.
Cela induit une attitude particulière que le cavalier se doit d'adopter dès les premières épreuves.

L'attitude du cavalier d'endurance :

  • En équilibre sur ses pieds. Il faut se rapprocher de la position naturelle debout, c'est dans cette position que le cavalier fatigue le moins. Cela nécessite une selle qui permet d'être "au-dessus de ses pieds". Vous pouvez voir un exemple de selle dans notre rubrique Matériel.
  • Redressé le plus possible, tout en restant souple et détendu. Être droit diminue le travail et la fatigue musculaire. Si le buste est penché en avant, ce sont les reins du cavalier qui souffrent. Un cavalier fatigué ou endolori est moins efficace et fatigue inutilement son cheval.
  • Les genoux ne doivent être ni serrés, ni verrouillés. Ils peuvent ainsi jouer leur rôle amortisseur.
  • Les étrivières sont réglées le plus long possible, de façon à rester au-dessus de ses pieds, droit, et souple.

Cette attitude de base ne devra pas être figée. Elle permet la mobilité de se pencher sur le côté et en avant (pour éviter les branches.... ), s'étirer en tous sens au cours de l'épreuve pour éviter l'ankylose, s'adapter au dénivelé.

Fonctionnement du cavalier d'endurance

Piste


La manière de bouger et d'amortir les mouvements, autour de l'attitude générale, c'est le fonctionnement du cavalier.

Le fonctionnement sera adapté à chaque cheval en fonction de la morphologie de ce dernier, de ses allures.



Deux exemples de chevaux :

1 - un pur-sang arabe : petite taille, peu large au niveau des épaules et des côtes, une faible amplitude verticale au trot,un mouvement de bascule limité au galop.

2 - un Selle Français, plus grand et avec un bon cadre. Il "déplace" dans toutes ses allures, c'est-à-dire qu'il a une grande amplitude dans ses mouvements verticaux.

Il est aisé de comprendre que les cavaliers ne peuvent fonctionner de la même manière sur ces deux chevaux morphologiquement différents.
S'adapter sera impératif dans chaque cas, tout en respectant les mêmes impératifs : légèreté en selle pour épargner le cheval et économie de fatigue pour le cavalier.

Deux chevaux = deux fonctionnements différents :

Avec le pur sang arabe on peut être en "suspension totale" car l'amplitude du cheval est minime. On est très peu secoué. Il n'est pas nécessaire de trotter enlevé, on peut rester debout. Le jeu souple des chevilles et des genoux suffit pour absorber les secousses. On peut galoper dans la même attitude, On n'est jamais en contact avec le fond de la selle,

Avec le selle français, la grande amplitude du cheval ne peut être absorbée qu'en trottant enlevé (sur des étriers un peu plus courts).

Le trot enlevé, surtout en Endurance, doit impérativement respecter les points suivants :

  • changer régulièrement de diagonale pour que le cheval ne subisse pas une fatigue dissymétrique qui amènerait des boiteries.
  • l'amplitude du mouvement du buste doit être faible, il est impensable de retomber Lourdement des milliers de fois sur les reins du cheval.
  • ce léger mouvement du buste doit être le plus vertical possible : Il faut se rasseoir vers l'avant de sa selle et non pas retomber vers le troussequin.
  • attention aux mains : (20 kilomètres au trot représentent … plus ou moins 7 000 foulées), gare aux secousses dans la bouche... le cheval appréciera la qualité de la main à sa juste valeur.

La main

position des mains

Qui dit "main" dit "position des mains"

Au trot, le cheval ne se sert pas de son encolure comme d'un balancier. Sa bouche reste fixe par rapport à son garrot.
Au trot enlevé le buste du cavalier bouge mais ses mains doivent rester fixes par rapport à la bouche du cheval. Sinon il envoie involontairement un coup dans la bouche à chaque foulée, Il y a plusieurs manières d'obtenir ce résultat :

  • rênes très longues, sans contact.
  • rênes ajustées, les mains restent fixes par rapport au garrot grâce à la décontraction des bras : Le coude s'ouvre à chaque fois que le buste monte.
  • rênes très ajustées mais avec des mains posées sur le garrot. C'est un excellent moyen de contenir un cheval très chaud car le cheval se met dans une meilleure attitude (encolure "dans le bon sens") et il tire moins quand on appuie fermement les mains sur le garrot. On peut faire un pont avec les rênes.

Au galop, le cheval se sert de son encolure comme d'un balancier, il n'est plus possible de garder les mains posées (sauf s'il tire vraiment trop au début de la course).
Souvent ce sont les rênes longues qui sont utilisées pour le confort du couple.

Les aides

aides

Comme chaque cavalier devrait le savoir, les aides sont les moyens de communication du cavalier avec son cheval.

Les aides naturelles sont les mains, les jambes, le poids du corps et la voix.

L'emploi des aides est un langage que cavalier et cheval doivent élaborer ensemble.
Ce langage devient plus précis et plus fin avec le temps et l'expérience.
Il est grandement amélioré par la pratique d'exercices simples de dressage.

Les aides permettent d'indiquer au cheval la direction et l'allure mais elles doivent aussi le faire travailler dans une attitude juste.
L'emploi des aides est un langage corporel qui est "parlé" … partir d'une position de base neutre.

Le "langage" tenu par le cavalier doit être compréhensible pour le cheval.
Il ne doit y avoir aucune contradiction entre les différentes aides : les mains ne doivent pas dire le contraire des jambes, une main ne doit pas empêcher le cheval de faire ce que l'autre main indique, le poids du corps doit s'accorder avec les mouvements demandés.

Respecter notre cheval impose de monter le plus correctement possible.
Dans toute communication, il faut aussi apprendre à écouter.

timing

En endurance, contrairement à l'équitation classique (dressage, obstacle), nous passons de très longues heures à cheval :

  • les rênes très ajustées et le bas des jambes au contact ne peuvent (et ne doivent pas) durer tout le temps.
  • l'assiette (contact entre les fesses et la selle) est très peu utilisable car nous devons être sur nos jambes pendant la majeure partie de la course, afin de préserver les dos du cheval et du cavalier. Le cavalier d'endurance n'exerce pas en permanence une action sur son cheval.

On réserve le contrôle renforcé pour des besoins ponctuels ou impératifs :

  • départ "très chaud". (sécurité et besoin de contenir en douceur son cheval).
  • passage délicat ou la précision est nécessaire (un pont, un centre ville, un village, le public, l'incurver son cheval etc)

Le cheval comprendra et acceptera mieux d'être encadré pendant un temps court s'il n'a pas été blasé auparavant par des actions incessantes et non voulues.

Les rênes, en particulier, sont :

  • soit très longues,
  • soit correctement ajustées, sans mouvements parasites.

Le cheval sera juste dans son attitude au travail, autonome dans ses allures en temps normal (sans soutien du cavalier), mais dressé et disponible dés que celui-ci reprend les commandes.

Le cavalier d'endurance doit travailler son cheval dans une attitude juste, ne pas le gêner en temps normal (se faire oublier et surtout ne jamais être un "passager clandestin"), le contrôler totalement dans les courts instants où cela est nécessaire (voir Dressage classique de base).

Dressage du cheval d'endurance

Pierre CAZES

Pierre CAZES, décédé accidentellement le 09 août 2005, fût sélectionneur de l'équipe de France d'endurance en 1991 et entraîneur en 1994
Avec lui les français sont montés 33 fois sur un podium international, dont trois fois sur la plus haute marche du Mondial par équipe ( Barcelone 92 , La Haye 94 et Jerez 2002).

Nous lui rendons ici hommage en relatant ses propos quant au dressage du cheval d'endurance :

L'éducation du cheval d'endurance n'est pas vraiment spécifique. Il s'agit de roder le cheval à toutes les circonstances qu'il sera amené à rencontrer au cours de sa carrière : apprendre la présentation en main, monter en van, s'habituer à la circulation sur route et dans les agglomérations, aux soins prodigués aux haltes, etc.… Le principe est le même que pour n'importe quelle autre discipline équestre, même si les exigences sont différentes.

Le dressage est nécessaire et il convient de ne pas le négliger. Le répertoire du dressage est immense et il est évident que tout n'est pas nécessaire, ni même souhaitable. Cependant le cheval doit être suffisamment symétrique pour laisser son cavalier trotter enlevé aussi bien à droite qu'à gauche (ne pas renvoyer son cavalier toujours sur le même pied), s'arrêter, tourner, galoper à droite ou à gauche à la demande. C'est le dressage de base et plus le cheval s'affine, plus la coopération cavalier-cheval est efficace et moins le couple dilapide d'énergie en résistances. Les transitions doivent se faire de façon fluide, sans variation de vitesse, au moment où le cavalier le demande. Ensuite et ceci est spécifique à l'endurance, le cheval doit apprendre à se déplacer dans un équilibre horizontal assez relâché. Tous les chevaux sont différents et si certains se déplacent ainsi spontanément, d'autres au contraire ont des allures très sautées, très toniques et rassemblées. Même si on ne peut pas les transformer du tout au tout, on peut toujours les améliorer par le travail.

Que travailler ? Le travail en cercle ne devrait intervenir que de façon modérée et ponctuelle. La rotation sur des milliers de foulées force les articulations, et de toutes façons ces chevaux sont destinés à se déplacer principalement en ligne droite. Le cercle est un moyen pour engager la hanche et travailler le départ au galop sur le pied droit ou gauche, ce n'est pas une fin en soi. Quand le stade sur le cercle est acquis, il faut travailler à obtenir la même chose en ligne droite. L'épaule en dedans est un exercice très profitable. C'est une gymnastique pour le cheval, très simple et très importante. Il ne s'agit pas de rechercher la beauté du geste, mais simplement l'efficacité gymnique pour obtenir l'assouplissement et la cession du cheval. C'est une épaule en dedans "simplifiée" (cf. d'Orgeix). Cet exercice est particulièrement indispensable pour les chevaux qui s'appuient "comme des boeufs" sur les bras de leur cavalier, il facilite aussi le travail du départ au galop.

Distances

Distances

Des distances de 20 à 160 km par jour sont parcourues (parfois 200km en 2 jours).
Le chemin est ponctué de contrôles vétérinaires. Afin de préserver la santé des chevaux, dès les moindres signes de fatigue, ils sont immédiatement retirés de la course par disqualification.

L'endurance équestre c'est avant tout :

  • une affaire de complicité entre cavalier et cheval
  • une discipline abordable par tout cavalier et tout type de cheval moyennant un entraînement spécifique préalable.
  • une discipline différente parce qu'elle requiert des qualités diverses à la fois similaires, différentes et complémentaires des autres disciplines.
Sur la photo de droite Djahan est aux championnat du monde de Lahaye.

L'endurance (pas seulement la compétition mais aussi l'entraînement et surtout l'esprit) est sans aucun doute la discipline la mieux adaptée pour apprendre à se connaître avec sa monture ; ici la réciprocité est de mise.

L'endurance est un sport d'équipe, il y a toute l'équipe d'intendance et d'assistance qui accompagne le couple cavalier/cheval.
Le résultat dépend d'un "Team" dont l'interaction se fait tout au long de l'année.
La cohésion de l'équipe est de première importance.

Nous ne reviendrons pas ici sur les origines de l'endurance.

Chaleur et hydratation

hydratation


Sur la photo de droite, Ghazal bint Djahan et Dominique à l'entrainement à Seclin (F) à la fraicheur de la tombée de la nuit.

La température d'un cheval au repos est à peu près la même que la nôtre soit environ 37,5°.
Lors d'un effort, l'organisme produit de la chaleur et il est normal que la température monte jusqu'à 39 ou 39,5°.


Si la température monte au-delà de 40 ou 41° (hyperthermie), c'est que le cheval ne parvient plus à évacuer la chaleur qu'il produit, son organisme souffre de l'excès de chaleur et devient inapte à l'effort.
On peut évaluer la température très simplement : on pose sa main à plat sur le cheval, s'il paraît chaud c'est qu'il est plus chaud que nous ; il faut l'aider à évacuer la chaleur en le mouillant.

Mouiller tout le corps du cheval à condition de ne pas jeter d'eau glacée sur les membres et les masses musculaires : la température idéale se situe vers 14 ou 15°.
Si l'eau est trop froide, on peut l'appliquer à l'éponge. Ensuite on passe le couteau de chaleur, et on évalue de nouveau la température avec le plat de la main.
Si le cheval paraît encore chaud, on recommence avec l'éponge puis le couteau de chaleur, et ainsi de suite.
Refroidir le cheval fait baisser sa fréquence cardiaque, c'est donc la priorité en attendant le contrôle vétérinaire.

Laver les chevaux est très important pour leur bien-être : outre l'aspect de refroidissement, cela les masse et les débarrasse de la sueur.

Il est inutile de chercher à forcer un cheval à boire. Il faut proposer la boisson suffisamment souvent et suffisamment tôt, mais un cheval prêt (toujours sur une nationale) ne boit pas avant 2 ou 3 heures de course.

Le cheval est un animal profondément inquiet de nature, dans la vie sauvage sa survie en dépend. Cette inquiétude est son moteur dans l'équitation, il ne faut pas en abuser. Cette inquiétude est notamment nuisible pour son bien-être et sa récupération, cela se traduit au niveau de la fréquence cardiaque.
C'est pourquoi aux haltes et à l'arrivée il faut dorloter son cheval, le placer dans les meilleures conditions pour lui éviter tout stress, y compris sous prétexte de le soigner : on évitera donc de le harceler à trop de monde autour de lui avec des grands gestes et des paroles fortes.

Il ne faut pas mettre la couverture sur un cheval chaud, sinon on l'empêche de réguler sa température et il va développer une hyperthermie.
De toutes façons le cheval n'a pas besoin de la couverture sur ses masses musculaires tant qu'il a chaud. On attendra qu'il soit revenu à une température normale avant de le couvrir. Ensuite le cheval peut avoir de nouvelles vagues d'évacuation de chaleur 1 heure après être retourné au box, et même en pleine nuit après la course. Cela n'a rien d'anormal et le cheval doit pouvoir évacuer cette chaleur. Ainsi il faudra faire attention par exemple à ne pas calfeutrer le cheval avec une couverture, dans un box mal aéré, sinon la fièvre est garantie pour le lendemain matin.

Boire et manger

Un cheval au travail a d'autres besoins qu'un cheval au repos.
L'effort fourni par le cheval d'endurance réclame des besoins énergétiques importants.
! Un cheval au galop consomme +- 800 calories par minute !

Ses besoins sont couverts grâce aux apports d'une alimentation équilibrée entre les différentes sources d'énergie possibles.

Les céréales, riches en glucides, ne doivent pas être données en excès car elles favorisent la production d'acide lactique.
Les glucides contenus dans les fibres (paille et foin) constituent une source intéressante d'énergie car ils sont dégradés au niveau du colon et du cæcum en acides gras volatils (AGV), source d'énergie. Pour en savoir plus sur ces fameux acides gras volatils, cliques-z sur : http://fr.wikipedia.org/wiki/Acide_gras_volatil

Si vous donnez à votre cheval un fourrage de bonne qualité, pour un exercice prolongé, le gros intestin sert ensuite de réservoir et alimente en permanence les muscles en énergie.

Autre source d'énergie intéressante se trouve dans les matières grasses sous forme d'huiles liquides ou de compléments en poudre. L'apport de graisses comme complément alimentaire réduit la quantité de céréales que le cheval doit ingérer.

L'alimentation du cheval athlète de fond se gère autant par la nature des aliments fournis à l'animal que par la répartition des rations dans le temps en fonction du planning d'effort demandé.

Il est par exemple recommandé d'éviter de donner à l'animal une grosse ration de céréales dans les quatre heures qui précèdent une compétition en raison du risque d'hypoglycémie consécutive à une augmentation brutale de la quantité de sucre circulant dans le sang suite à l'ingestion d'une ration riche en sucres.

En donnant une bonne ration de fourrage et de graisses, vous optimisez les sources d'énergie de votre cheval en lui procurant des ressources efficaces pour l'exercice aérobie.

Le fourrage sert également de réservoir de fluide et d'électrolytes mobilisables lors un travail sur longue distance. Un régime alimentaire riche en fourrage encourage également le cheval à boire plus.

Il faut à tout prix éviter la déshydratation ; en endurance il est rare qu'un cheval boive en dessous des 40 kilomètres.
Boire s'apprends au cheval, cela fait également parti de l'entraînement tout comme le fait d'arroser son cheval tout au long su parcours en fonction des besoins , il faut que ce dernier s'y habitue.

Quoi qu'il en soit votre vétérinaire sera votre meilleure source d'inspiration pour la nourriture de votre cheval au travail.
N'hésitez pas à mettre en place avec lui un programme nutritionnel en rapport avec son activité.

Proverbe arabe : Toujours boire avec la bride.....toujours manger avec la selle.

Aérobie et anaérobie

Le cheval d'endurance est un athlète qui doit être nourri selon l'intensité de son travail.
Il ne peut travailler que si l'énergie chimique de la nourriture est transformée en énergie mécanique par les muscles.

Deux fonctionnements se distinguent :

  • aérobie : en présence d'oxygène, provenant du sang, ce qui donne énergie, CO2 et eau
  • anaérobie : sans oxygène, ce qui donne énergie et acide lactique; principalement pour des efforts intenses de courte durée comme sur des terrains accidentés.


Pour se procurer suffisamment d'énergie, le cheval dispose de trois sources principales:

  • L'amidon :

L'apport énergétique principal est constitué par les hydrates de carbone (amidon).
L'amidon est transformé en glucose dans l'intestin grêle, par des enzymes. Une partie du glucose est disponible, le reste est stocké dans les muscles et le foie sous forme de glycogène.
La portion disponible dans les muscles est utilisée rapidement, en présence d'oxygène, en fonction du type de travail demandé.
Une fois le glucose disponible épuisé, les muscles vont utiliser le glycogène en absence d'oxygène et produire de l'acide lactique.
Lors d'efforts prolongés, le glycogène du foie permet de maintenir le taux de glucose sanguin et l'apport énergétique destiné au système nerveux, aussi est-il souhaitable de ne pas épuiser les réserves hépatiques en glycogène.
L'apport énergétique ne devra pas toujours être effectué par une augmentation de la fourniture alimentaire ; en effet un excès d'amidon peut avoir des conséquences néfastes: troubles de la digestion, coliques, fourbure, diarrhée, baisse de forme (”intestin brûlé”). Les céréales comportent 50-70% d'amidon!

  • Les lipides :

Il peut être souhaitable de remplacer une partie d'amidon par des lipides de haute qualité: acides gras poly insaturés oméga 3 et 6 (acide linoléique) qui sont très énergétiques et très digestibles (2 à 2,5 fois plus que l'amidon).
Ceux-ci permettent de préserver le taux de glycogène dans les muscles, sans risque de libération d'acide lactique, car l'avantage des acides gras est que leur métabolisme ne se fait qu'en aérobie!
Les lipides ne sont pas transformés en glycogène, c'est pourquoi il faudra veiller à l'apport en hydrates de carbone pour maintenir le stock de glycogène musculaire et hépatique.
L'apport de graisses dans l'alimentation devra être progressif afin de permettre au système enzymatique digestif de s'adapter.

  • Le fourrage (les fibres)

Le plus important pour le cheval, il devrait constituer 75-100% de sa nourriture, la ration ne devrait donc pas excéder 25%. Les fibres sont dégradées au niveau du colon et du cæcum en glucides et acides gras volatiles (AGV), à leur tour transformés en énergie. La digestion des AGV étant très lente, si le cheval reçoit suffisamment de fourrage, il pourra toujours bénéficier d'une source d'énergie. Leur métabolisme se fait également en aérobie.

Dans les muscles, on distingue trois sortes de fibres qui se différencient par leur vitesse de contraction et leur mode d'utilisation de l'énergie :
Type 1 : endurance, dressage, randonnées.
Type 2 a : endurance haut niveau, complet, attelage, course longue distance.
Type 2 b : saut d'obstacles, cross haut niveau, courses courte distance, endurance sur terrain accidenté.

  • Propriétés de type 1 :

contraction : lente - énergie : aérobie - source d'énergie : fibres, lipides - force : - - endurance : élevée - stock de glycogène : moyen - stock de lipides : beaucoup - capacité d'oxygène : importante - sorte de travail : au pas, léger.

  • Propriétés de type 2 a :

contraction : rapide - énergie : (an)aérobie - source d'énergie : lipides, amidon - force : + - endurance : moyenne - stock de glycogène : beaucoup - stock de lipides : moyen - capacité d'oxygène : moyen - sorte de travail : trot, galop.

  • Propriétés de type 2 b :

contraction : rapide - énergie : anaérobie - source d'énergie : amidon - force : + - endurance : faible - stock de glycogène : beaucoup - stock de lipides : peu - capacité d'oxygène : faible - sorte de travail : galop soutenu saut, force.

Les muscles n'utilisent jamais un seul type de fibres, chaque effort nécessite toujours un mélange mais avec un type dominant.
Glucose et glycogène peuvent être utilisés par les trois types, mais sont indispensables pour le type 2b.
Il faut commencer à administrer des lipides (huile) six semaines avant le début de la saison. Les types 2a ont besoin de ce temps pour s'adapter à l'utilisation des lipides pour faire de l'énergie aérobie.

Effort sur longue distance en aérobie, donc besoin d'énergie lente pendant longtemps. Il faut:

  • foin d'excellente qualité, au moins 75% de la ration
  • pas de gros repas et pas trop de céréales pour limiter le plus possible la production d'acide lactique, aussi préférer un aliment riche en lipides (jusqu'à 10%) et fibres et pauvre en amidon.

Quoi qu'il en soit votre vétérinaire sera votre meilleure source d'inspiration pour la nourriture de votre cheval au travail.
N'hésitez pas à mettre en place avec lui un programme nutritionnel en rapport avec son activité.

Ferrure

Ferrage


Pour l'endurance, c'est un parage à plat qui est généralement préconisé :
Talons abattus
Sole peu grattée (protection de la voûte plantaire)
Fourchette pas trop taillée (amortit les chocs, meilleure appréhension des trous, cailloux etc)

La ferrure sera la plus simple (sauf si pathologie - voir maréchal ferrant).
Ce n'est qu'au delà de 60 kilomètres que l'on peut envisager une autre ferrure (exemple : aluminium pour un meilleur rendement de foulées)

Attention aux plaques !
Le cheval ressent dès lors le sol différemment (surtout si les plaques sont fermées et remplies de silicone)
Les plaques sont donc à réserver aux terrains durs ou sur avis spécifique du maréchal ferrant (pieds fragiles etc.)

Faut-il graisser les pieds juste après le ferrage ?
Certains disent "OUI" les autres "NON". D'aucuns prétendent que la graisse déchausse plus facilement les clous.
Encore une fois rien n'est faux, rien n'est vrai : avec les chevaux tout est à nuancer !

Notre pratique :

Sauf en été, et/ou si le sol est sec, nous laissons les chevaux au box deux jours pour éviter le déferrage par effet ventouse.

Jour 1 = Le ferrage intervient en général le matin, nous ne graissons pas après le ferrage.
Le soir du ferrage, nous douchons les pieds. L'eau à pour effet d'oxyder les clous. Ce début de rouille ancre mieux les clous.
Jour 2 = Au soir, nous graissons.
Jour 3 = les chevaux sortent (sauf sol boueux)

Règlements applicables en compétition

ces PDF à télécharger concernent les règlementations applicables en compétitions

Déroulement d'une épreuve d'endurance

Dès son arrivée sur le site, le cavalier à l'obligation de se présenter et récupérer :

  • son dossard
  • la carte du parcours
  • la carte et le « road book » pour l'équipe suiveuse
  • la carte vétérinaire de son cheval.


Il est important de repérer :

  • L'aire de contrôle vétérinaire
  • les points d'eau
  • les lignes de départ et d'arrivée.

Il n'est possible de repérer ces points à l'accueil que sur une épreuve en étoile, sur une épreuve en ligne, il faudra y aller à l'aide d'un véhicule. Ce peut être le travail de l'équipe d'intendance.

Il se renseigne sur :

  • le balisage utilisé
  • les difficultés particulières qu'il peut rencontrer sur la piste
  • du nombre exact de kilomètres à parcourir.

Le parcours possède une tolérance quant au nombre exact de kilomètres, cette marge s'étalant entre 2 et 15 km en fonction du type d'épreuve. La connaissance de la distance à parcourir est particulièrement importante pour le cavalier puisqu'elle lui permet de calculer la vitesse moyenne qu'il doit maintenir sur la piste et donc de déterminer sa fourchette horaire.

Premier contrôle vétérinaire

Avant de commencer l'épreuve (départ) le concurrent se présente au contrôle vétérinaire pour s'assurer que sa monture est apte à prendre part à la course.

Les papiers du cheval engagé sont présentés au contrôle ainsi que sa carte de suivi vétérinaire.

Le vétérinaire procède aux tests requis sur le Cheval :

  • mesurer sa fréquence cardiaque (impérativement moins de soixante-quatre battements par minute (BPM)
  • vérification des allures
  • vérification du niveau d'hydratation
  • vérification du transit intestinal
  • la présence éventuelle de blessures.

Départ

nocturne

L'équipage se présente au responsable sur la ligne de départ, et celui-ci inscrit sur sa carte son heure de départ.

Sur les parcours à vitesses imposées, les départs se font en décalé. Le cavalier peut donc choisir de partir seul ou en groupe.

Sur les parcours à vitesse libre, en revanche, les départs se font groupés...
Une fois le chronomètre lancé, la course peut démarrer.

Boucles

Première boucle

La première boucle s'effectue en suivant le balisage du parcours.
Le cavalier devra régler sa vitesse tout en ménageant son cheval (l'utilisation d'un GPS pour la vitesse est un plus! Mais ce dernier est surtout utilisé à l'entraînement, la connaissance de son cheval est primordial).
La difficulté principale de cette première boucle est la gestion de la fougue de l'animal.
Tous les 5 km environ, le cavalier retrouve son équipe suiveuse, qui est en charge de rafraîchir cheval et cavalier tout au long de la course.

Halte intermédiaire

Sur une épreuve à vitesse imposée, le franchissement de la ligne d'arrivée de l'étape déclenche l'arrêt du chronomètre.

(voir onglet "halte intermédiaire")

Les boucles suivantes se déroulent de la même façon que la première.
Suivant la distance à parcourir, les boucles peuvent être peuvent être différentes de la première.

Haltes

Halte intermédiaire

Sur une épreuve à vitesse imposée, le franchissement de la ligne d'arrivée de l'étape déclenche l'arrêt du chronomètre.

Le cavalier dispose dès lors d'une heure avant son second départ.
Le cavalier dispose de trente minutes pour présenter son cheval au contrôle vétérinaire.

Ce contrôle a pour but de vérifier l'état de son cheval avant d'attaquer une nouvelle boucle.
Les trente premières minutes sont donc consacrées aux soins du cheval et à sa récupération en vue du contrôle.
Une fois le contrôle passé, le cavalier peut se reposer pendant les 30 minutes restantes et se préparer pour la seconde boucle.

**Attention !*
Sur une épreuve à vitesse libre, le chronomètre continue de tourner après le franchissement de la ligne d'arrivée de la boucle.
Il ne s'arrête que lors de l'entrée du cavalier et du cheval dans l'aire de contrôle vétérinaire. On appelle « temps neutralisé » le temps passé par le cavalier et sa monture dans l'aire de contrôle.
Le délai maximum pour passer au contrôle vétérinaire dans ce genre d'épreuve est de vingt minutes ; un réexamen est obligatoire 10 minutes avant de repartir sur la dernière boucle.

Les boucles suivantes se déroulent de la même façon que la première.
Suivant la distance à parcourir, les boucles peuvent être peuvent être différentes de la première.

Arrivée

À l'arrivée, le responsable du chronométrage indique l'heure d'arrivée.

Le cavalier a trente minutes pour présenter son cheval au contrôle vétérinaire.
Celui-ci se déroule de la même façon que les contrôles précédents.
La fréquence cardiaque ne doit pas excéder soixante-quatre battements par minute (BPM)

Après l'épreuve

Pour autant que la monture termine sa course dans le temps imparti en ayant passé tous les contrôles vétérinaires avec succès, le cheval sera alors qualifié sur la distance et peut prétendre s'engager sur une épreuve de difficulté supérieure.
Il est convenu d'assurer au cheval un temps de repos relatif d'une semaine par tranche de 20 km parcouru.

Epreuves a vitesse limitée

Épreuves à vitesse limitée : ce sont des "Régionales"

20 km en une étape où la vitesse est limitée de 10 à 12 km/h ou 12 à 15 km/h.

30 km en une étape où la vitesse est limitée de 10 à 12 km/h ou 12 à 15 km/h.

40 km en deux étapes où la vitesse est limitée de 12 à 15 km/h.

60 km en deux étapes où la vitesse est limitée de 12 à 15 km/h.

Au niveau du système de notation, le classement est établi à la fois en fonction de la vitesse et en fonction de la fréquence cardiaque finale.

Le gagnant n'est donc pas le plus rapide, mais celui qui :

  • a su aller le plus rapidement possible
  • sans dépasser la vitesse imposée
  • tout en ayant la monture la plus "fraîche" possible.
Chaque concurrent voit ainsi sa performance calculée selon la formule indiquée ci-dessous.
Le gagnant est celui qui obtient le résultat le plus élevé.
formule

Epreuves a vitesse libre

Épreuves à vitesse libre : ce sont des "Nationales"

Nationale * = 1 étoile : 90 km en trois étapes où la vitesse minimum est de 12 km/h.

Nationale * * = 2 étoiles : 120 à 125 km en quatre étapes où la vitesse minimum est de 12 km/h.

Nationale * * * 3 étoiles : 140 à 160 km en cinq étapes ou 2 x 100 km en six étapes où la vitesse minimum est de 12 km/h.

Les concours d'endurance internationaux (CEI et CEIO) possèdent les mêmes exigences de distances et de temps, mais obéissent aux règlements de la fédération équestre internationale (FEI).

Pour les épreuves à vitesse libre, le classement est obtenu selon l'ordre de franchissement de la ligne d'arrivée.
Le gagnant est validé après un dernier contrôle vétérinaire et l'accord du président du jury.

Une astuce pour calculer sa vitesse sur les courses en vitesse imposé :

  • pour 12 kilomètres/heure - 1 km fait en 5 minutes
  • pour 15 kilomètres/heure - 1 km fait en 4 minutes

Afin de vous aider tant sur les épreuves à vitesse imposées que les épreuves à vitesse libre, voici un petit "aide mémoire" concernant le rapport : Temps / vitesse / Distance.

N'hésitez pas à cliquer !

Tableau des vitesses

L'endurance prend une place de plus en plus importante dans le monde équestre.

C'est dans ce contexte de plus en plus sélectif pour le cheval et son cavalier que le pur-sang arabe a su faire valoir ses qualités physiques et morales exceptionnelles.
Son pouvoir de récupération et ses très grandes capacités cardiaques ont fait de lui un cheval de référence dans le milieu très exigeant de l'endurance.

Vidéos généralistes sur le thème de l'endurance

Vous pourrez retrouver toutes ces vidéos sur YouTube.